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Honoraires avocats : la Cour de cassation clarifie les clauses de dessaisissement

Le 06 avril 2016
Honoraires avocats : la Cour de cassation clarifie les clauses de dessaisissement
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1. Résumé succinct

Contexte :
Le litige concerne la fixation des honoraires d’un avocat (SCP Z… et associés) ayant été dessaisi par sa cliente, Mme X…, avant la conclusion définitive d’une procédure de divorce. Une convention d’honoraires avait été conclue, incluant un honoraire de diligence et un honoraire de résultat. Le désaccord porte sur la validité et l’application de cette convention après le dessaisissement.

Impact principal :
La Cour de cassation casse la décision de la Cour d’appel de Paris, qui avait écarté l’application de la convention d’honoraires en cas de dessaisissement et limité la compétence du bâtonnier. Cette décision clarifie les règles relatives à la validité des conventions d’honoraires et au rôle du bâtonnier en matière de contestation des honoraires.


2. Analyse détaillée

Les faits
Parties impliquées :Requérant principal : SCP Z… et associés (cabinet d’avocats).
Requérant incident : Mme X…, cliente de l’avocat.

Nature de l’affaire :
Mme X… avait conclu une convention d’honoraires prévoyant :Un taux horaire pour les diligences (300 € HT pour les avocats associés, 270 € HT pour les collaborateurs).
Un honoraire de résultat calculé sur les montants obtenus.
Après le dessaisissement de l’avocat, un désaccord est né sur les montants dus.

La procédure
Saisine initiale : Mme X… conteste les honoraires devant le bâtonnier.
Décision du bâtonnier : Fixation des honoraires sur la base des critères de l'article 10 de la loi du 31 décembre 1971.
Appel : La Cour d’appel de Paris écarte la convention d’honoraires pour toutes ses dispositions, y compris celles relatives au dessaisissement.
Pourvoi en cassation : Le cabinet SCP Z… et Mme X… contestent la décision.

Contenu de la décision
Arguments des parties :

SCP Z… et associés : La convention d’honoraires doit être respectée, y compris pour les clauses concernant le dessaisissement.
Mme X… : Allègue un vice de consentement et conteste les montants jugés excessifs.

Raisonnement juridique :Une convention d’honoraires peut prévoir des modalités en cas de dessaisissement.
Le bâtonnier et le premier président sont compétents pour examiner la validité de la convention, y compris en cas de vice du consentement.

Solution retenue :
Cassation de l’arrêt d’appel pour non-respect des compétences du bâtonnier et des règles de validité contractuelle.

3. Références et articles juridiques
Décision analysée :
Cass. civ. 2, 4 févr. 2016, n° 14-23.960, ECLI:FR:CCASS:2016:C200186

Articles cités :

Article 10 de la loi du 31 décembre 1971 : Encadre la fixation des honoraires des avocats.
Articles 1108 et 1109 du Code civil : Conditions de validité d’un contrat (consentement, absence de vice).
Article 455 du Code de procédure civile : Obligation de motivation des décisions judiciaires.

4. Analyse juridique approfondie

Raisonnement juridique

Validité de la convention d’honoraires :

La convention peut inclure des clauses relatives aux honoraires dus en cas de dessaisissement.
Le bâtonnier et le premier président sont compétents pour statuer sur les vices de consentement (erreur, dol, violence).

Compétence du bâtonnier :

Le bâtonnier peut examiner la validité des conventions d’honoraires.
La Cour d’appel a excédé ses pouvoirs en écartant ces clauses sans vérification.

Obligation de motivation :

La décision d’appel manquait de motivation précise sur certains points, notamment les sommes versées et le temps facturé.


Conséquences juridiques

Pour la jurisprudence : Cette décision renforce le respect des conventions d’honoraires en cas de dessaisissement et clarifie les compétences du bâtonnier.

Pour les pratiques : Les avocats doivent veiller à inclure des clauses claires en cas de rupture du contrat.

5. Critique de la décision

Points controversés
La difficulté d’interprétation des clauses relatives au dessaisissement, qui nécessitent une rédaction précise.
La compétence étendue du bâtonnier peut soulever des questions sur la séparation des pouvoirs juridictionnels.

6. Accompagnement juridique
Pour toute problématique similaire, il est recommandé de consulter un cabinet d’avocats expérimenté tel que la SELARL Philippe GONET, spécialisée en :

Rédaction et négociation de conventions d’honoraires.
Gestion des litiges clients-avocats.

Cass 2 eme civ 4 fev 2016 n°14-23.960

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