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1. Résumé succinct
Contexte
Parties impliquées :Société Newedge Group : société de courtage d’instruments financiers.
Société GFI Securities Ltd : société concurrente.
Juridiction concernée : Cour de cassation, chambre commerciale.
Nature du litige : Contentieux concernant la validité de preuves obtenues via la consultation de messages SMS dans le cadre d’un conflit concurrentiel.
Impact principal
La décision confirme que les SMS échangés sur des téléphones professionnels mis à disposition par l’employeur sont présumés avoir un caractère professionnel et peuvent être produits en justice sauf s’ils sont identifiés comme « personnels ». Elle clarifie également les limites du secret bancaire en matière de production de preuves.
2. Analyse détaillée
Les faits
La société Newedge accuse la société GFI d’avoir désorganisé son activité en débauchant un grand nombre de ses salariés.
Une ordonnance sur requête autorise Newedge à faire constater ces faits, incluant la consultation des SMS échangés sur les téléphones professionnels de ses anciens salariés.
La société GFI conteste la validité de ces preuves et demande la rétractation de l’ordonnance au motif que :Les SMS ne peuvent être produits à titre de preuve.
Le secret bancaire est violé par la production de certains documents.
La procédure
Première instance :Le tribunal rejette la demande de rétractation de l’ordonnance.
Cour d’appel de Paris (10 janvier 2013) :Confirme la décision.
Retient que :Les SMS non identifiés comme « personnels » sont présumés professionnels.
Les mesures ordonnées garantissent la confidentialité des données sensibles.
Pourvoi en cassation :GFI conteste ces points, invoquant des atteintes à la vie privée des salariés et au secret bancaire.
Contenu de la décision
Arguments des parties :
Société GFI :Les SMS ne peuvent être présumés professionnels sans critère clair.
Les mesures ordonnées violent le secret bancaire.
Société Newedge :Les SMS échangés sur des téléphones professionnels relèvent de l’usage professionnel sauf indication contraire.
Les données protégées (secret bancaire) sont soumises à des mesures garantissant leur confidentialité.
Raisonnement juridique :
Sur les SMS :Les messages échangés sur du matériel professionnel sont présumés professionnels.
Cette présomption peut être écartée si les messages sont explicitement identifiés comme « personnels ».
La production des SMS en justice n’est pas un procédé déloyal dès lors qu’ils ne sont pas marqués comme privés.
Sur le secret bancaire :L’article L. 511-33 du Code monétaire et financier prévoit une confidentialité opposable même au juge civil.
Les mesures ordonnées (mise sous séquestre des documents) garantissent le respect de ce secret.
Solution retenue :
La Cour rejette les arguments sur les SMS mais casse partiellement la décision d’appel concernant le respect du secret bancaire.
3. Références et articles juridiques
Décision citée : Cass. com., 10 févr. 2015, n° 13-14.779.
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Textes juridiques appliqués :
Article 9 du Code civil : Respect de la vie privée.
Article 145 du Code de procédure civile : Mesures d’instruction avant tout procès.
Article L. 511-33 du Code monétaire et financier : Secret bancaire.
4. Analyse juridique approfondie
Cette décision établit une présomption de caractère professionnel des SMS échangés sur du matériel professionnel, offrant ainsi une base claire pour leur production en justice.
Elle réaffirme la protection du secret bancaire tout en conciliant cette exigence avec le droit à la preuve.
Conséquences juridiques :
Renforce les prérogatives des employeurs dans le cadre de contentieux liés à des pratiques concurrentielles.
Souligne l’importance pour les employeurs de préciser dans les chartes d’utilisation des moyens de communication les règles applicables aux données échangées.
5. Critique des sources et de la décision
Points faibles ou controverses :
La présomption de caractère professionnel des SMS peut être perçue comme une intrusion dans la vie privée des salariés.
La conciliation entre le droit à la preuve et le secret bancaire reste une question sensible, susceptible d’être interprétée différemment selon les cas.
Évaluation de la fiabilité :
Evolution de la jurisprudence :
Depuis l'arrêt de la Cour de cassation du 10 février 2015 (n° 13-14.779), la jurisprudence concernant la consultation des SMS par l'employeur sur le téléphone professionnel du salarié n'a pas connu de modifications significatives.
Les principes établis demeurent inchangés :
Caractère présumé professionnel des SMS : Les messages envoyés ou reçus sur un téléphone professionnel sont présumés avoir un caractère professionnel. L'employeur est donc en droit de les consulter en dehors de la présence du salarié, sauf s'ils sont identifiés comme étant personnels.
Identification des messages personnels : Pour qu'un message soit considéré comme personnel, il doit être explicitement identifié comme tel. Toutefois, la nature même des SMS, qui ne comportent pas de champ "objet", rend cette identification délicate. Il est donc recommandé aux salariés d'utiliser des mentions claires, comme "Personnel" ou "Privé", au début de leurs messages s'ils souhaitent en préserver la confidentialité.
Limites au pouvoir de consultation de l'employeur : L'employeur ne peut consulter les messages identifiés comme personnels qu'en présence du salarié ou après l'avoir dûment informé. Cette règle vise à protéger la vie privée du salarié tout en permettant à l'employeur d'exercer son droit de contrôle sur les outils professionnels mis à disposition.
Il est important de noter que ces principes s'inscrivent dans une jurisprudence plus large concernant l'utilisation des outils informatiques professionnels. Par exemple, la Cour de cassation a jugé que les fichiers créés par le salarié grâce à l'outil informatique mis à sa disposition par l'employeur sont présumés avoir un caractère professionnel, sauf s'ils sont identifiés comme personnels.
6. Accompagnement juridique
La SELARL Philippe GONET, cabinet d’avocats expérimenté, peut vous accompagner pour :
Rédiger des chartes internes conformes aux exigences légales en matière d’utilisation des moyens de communication professionnels.
Défendre vos droits en cas de litiges liés à la production de preuves ou au secret professionnel
Cette actualité est associée aux catégories suivantes : Droit du travail