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Défaut de conseil fiscal notarial : décision Cass. civ. 1, 2 juillet 2014

Le 19 décembre 2014
Défaut de conseil fiscal notarial : décision Cass. civ. 1, 2 juillet 2014
responsabilité notaire – défiscalisation Girardin – SCI non transparente – obligation de conseil notaire – Cour de cassation juillet 2014 – jurisprudence fiscale – investissement immobilier outre-mer – SELARL Philippe Gonet – contentieux notarial – droit

Résumé succinct
Cass. civ. 1, 2 juillet 2014, n° 13-17.599
La Cour de cassation a rejeté le pourvoi formé par deux sociétés civiles professionnelles de notaires et leur assureur, qui avaient été condamnés à indemniser les époux X. pour défaut de conseil lors d’un investissement immobilier en défiscalisation. Les notaires avaient omis d’informer les acheteurs sur l’inéligibilité de leur investissement au dispositif fiscal choisi (Loi Girardin). La décision confirme l’obligation stricte des notaires de conseil exhaustif et anticipé envers leurs clients.


Analyse détaillée
Faits
Contexte :

Les époux X. ont investi, via la SCI Les Gones, dans un logement en état futur d'achèvement à La Réunion, dans le cadre d’un dispositif de défiscalisation prévu par la Loi Girardin (article 199 undecies A du CGI).
L'administration fiscale a constaté que la SCI n’était pas fiscalement transparente, rendant les époux X. inéligibles au dispositif fiscal choisi.
Litige :

Les époux X. ont réclamé des dommages-intérêts à deux offices notariaux (Pau et La Réunion) pour manquement à leur devoir de conseil.
Ils ont été contraints de rembourser les réductions d’impôt perçues à tort et ont assigné les notaires et leur assureur pour perte de chance.

Procédure :

Cour d'appel de Pau (2013) : Condamnation des notaires et de leur assureur à verser 54 440 euros aux époux X.
Cour de cassation (2014) : Rejet du pourvoi des notaires et de leur assureur.

Décision
Les notaires avaient l’obligation d’informer les époux X. des implications fiscales liées au choix d’une SCI non transparente.
La Cour a estimé que l’information manquante avait directement causé une perte de chance d’obtenir les avantages fiscaux espérés.
La décision confirme que les notaires ne peuvent reprocher à leurs clients de ne pas avoir choisi un autre régime fiscal après la rectification, ce choix étant conditionné à des critères restrictifs.

Références et articles juridiques
Décision :
Cass. civ. 1, 2 juillet 2014, n° 13-17.599
Textes juridiques cités :

Article 1382 du Code civil (responsabilité délictuelle) :"Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer."
Article 199 undecies A du CGI (Loi Girardin) : Réduction d’impôt pour investissements immobiliers en outre-mer sous conditions.
Article 31 h) du CGI : Régime d’amortissement Robien recentré pour les biens loués à titre d’habitation principale.

Analyse juridique approfondie

Raisonnement de la Cour

Obligation des notaires :

Les notaires avaient une obligation de conseil renforcée concernant les implications fiscales de l’investissement.
Leur omission a directement causé un préjudice financier aux époux X.

Responsabilité des victimes :

La Cour a rejeté l’argument selon lequel les époux X. auraient pu limiter leur préjudice en choisissant un autre dispositif fiscal après la rectification.
Elle rappelle que la victime n’a pas à limiter son préjudice dans l’intérêt du responsable.

Conséquences juridiques
Renforcement des obligations de conseil des notaires dans les investissements complexes.
Clarification sur l’inéligibilité d’une SCI non transparente à certains dispositifs fiscaux.


Comparaison jurisprudentielle
Décision antérieure similaire : Obligation de conseil des notaires dans les investissements financiers.
Décision postérieure pertinente :  Défaut d’information des notaires sur les implications fiscales.

Critique des sources et de la décision

Points forts
La décision clarifie les limites de la responsabilité des clients dans la gestion de leur préjudice.
Elle renforce la rigueur exigée des notaires dans le cadre de montages fiscaux.

Points faibles
L’interprétation stricte du devoir de conseil peut alourdir les obligations professionnelles des notaires, notamment dans des montages fiscaux complexes.
La perte de chance calculée intégralement peut être critiquée comme étant trop favorable à la victime.

Accompagnement juridique
Pour toute question sur les investissements immobiliers en défiscalisation ou les responsabilités notariales, consultez la SELARL Philippe Gonet, expérimentée en contentieux immobilier et fiscal.

Cass 1ère civ 2 juillet 2014 n°13-17.599

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